- Plonger dans les eaux turquoises des cascades de Sambangan.
- Partager un repas traditionnel balinais, rural et simple.
- Découvrir la symbolique du keben, panier cérémoniel en bambou.
- Apprendre à tresser et repartir avec une pièce façonnée de vos mains, chargée de sens.
- Vivre une journée entre nature, cuisine et transmission culturelle.
Des cascades de Sambangan aux gestes du tressage balinais
Au nord de Bali, cette journée mêle marche, baignade, cuisine familiale et découverte d’un savoir-faire intimement lié à la vie religieuse balinaise. Elle commence sur les chemins de Sambangan, entre rizières, plantations et jardins tropicaux, avant de rejoindre les cascades et leurs vasques d’eau turquoise. Quelques heures au grand air, accompagnées par un guide local qui connaît ces sentiers de l’intérieur, permettent de découvrir un autre visage de l’île, plus rural et plus quotidien.
L’après-midi change de rythme et de décor. Après la randonnée, direction une maison familiale de la région pour partager un déjeuner traditionnel, puis s’initier au tressage du keben. Derrière ce panier de bambou aux couleurs vives se cache un objet profondément lié aux cérémonies hindoues balinaises. Le fabriquer, même partiellement, permet d’approcher autrement sa fonction et sa symbolique : par le geste, les explications de l’artisane et le temps passé ensemble autour de la table.
Sambangan, entre sentiers tropicaux et baignade dans les cascades
La matinée débute à pied dans la campagne du nord de Bali. Le chemin traverse des plantations de girofliers et des jardins tropicaux avant de rejoindre les cascades de Sambangan. Ici, le paysage se découvre progressivement, au fil de la marche, accompagné par un guide local familier des lieux et de leurs chemins. La randonnée constitue autant une manière d’atteindre les cascades qu’une première immersion dans cet environnement rural.
À l’arrivée, les vasques d’eau turquoise offrent une pause bienvenue. Chacun peut profiter du lieu à son rythme : certains se baignent simplement dans l’eau fraîche, tandis que les plus amateurs de sensations peuvent essayer les toboggans naturels ou les différents points de saut. Rien n’impose de suivre le même tempo. Il est tout aussi possible de rester au bord de l’eau et de profiter du calme après la marche.
De retour de randonnée, l’atmosphère devient plus intime. Le déjeuner est servi dans une maison familiale de la région, autour de plats traditionnels préparés le matin même avec les aromates du jardin. La table est simple, les échanges se font naturellement. Ce repas n’est pas conçu comme une parenthèse spectaculaire, mais comme un moment partagé dans le cadre quotidien de la famille. Il ouvre doucement la seconde partie de la journée, consacrée à un artisanat dont la place dépasse largement celle d’un simple objet décoratif.
Dans la maison familiale, apprendre les gestes du keben
La maison ne cherche pas à se transformer pour accueillir les visiteurs. Béton, terre battue, jardin, animaux qui circulent librement entre la cour et les espaces de vie : le décor reste celui du quotidien. Cette simplicité donne immédiatement le ton. Un thé et quelques snacks sont posés sur la table pendant que l’artisane prépare son matériel. L’atelier peut commencer sans mise en scène particulière, dans une atmosphère détendue et familiale.
Elle tresse depuis l’adolescence. Ses mains vont vite, avec cette précision que donnent les gestes répétés pendant des années. Elle présente d’abord les fines lamelles de bambou tiing tali utilisées pour fabriquer les paniers. Elles sont chauffées afin de les assouplir, puis teintées dans les couleurs vives caractéristiques de ces pièces. Regarder la démonstration suffit à mesurer la technicité du travail : le geste paraît simple lorsqu’il est exécuté avec autant d’aisance, beaucoup moins lorsque vient le moment de l’essayer soi-même.
Très vite pourtant, l’appréhension disparaît. Chacun choisit ses couleurs, s’installe autour de la table et commence à tresser, accompagné pas à pas par l’artisane. Ses mains corrigent un geste, reprennent une lamelle, montrent à nouveau un passage. Les langues se mélangent, les sourires complètent les mots et l’apprentissage prend naturellement la forme d’un échange. On repart avec une pièce façonnée de ses mains, mais surtout avec une compréhension plus concrète de l’objet que l’on vient de réaliser.
Le keben, bien plus qu’un panier tressé
Car le keben n’est pas seulement une pièce artisanale. Dans l’hindouisme balinais, il s’agit d’un objet cérémoniel destiné à transporter notamment les éléments nécessaires aux offrandes. Son nom vient du mot balinais engkebin, « cacher ». Son couvercle ajusté permet de préserver l’intimité de ce qui est porté au temple : que le panier contienne de simples bananes ou des fruits plus précieux, son contenu demeure invisible. Sing ada nak nawang : personne ne le saura. Le geste religieux peut ainsi rester à l’écart de la comparaison et du jugement.
À l’intérieur du keben se trouve souvent ce qui permettra de confectionner un canang sari : fleurs, riz, eau bénite ou encore encens. Ces offrandes quotidiennes, déposées à l’entrée des maisons, des commerces et des temples, occupent une place centrale dans la pratique hindoue balinaise. Elles s’inscrivent ici dans une idée de gratitude et de don, une dimension que la seule observation d’un panier terminé ne permettrait pas forcément de saisir.
Ces explications arrivent au fil de l’atelier, sans interrompre le travail. L’artisane parle de ses pièces, de leur fonction et de leur présence dans les cérémonies pendant que les lamelles de bambou prennent forme entre les doigts. C’est ce lien entre un geste artisanal et l’usage vivant de l’objet qui donne toute sa portée à la rencontre. Le keben rapporté à la fin de la journée n’est alors plus seulement ce que l’on a appris à tresser : il reste associé à une maison, à un visage, à quelques gestes patiemment transmis et à l’histoire qui leur donne sens.



